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:: La Route d'Annaëlle ::

 
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La Reine Des Fées
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MessagePosté le: Mer 7 Mai - 18:26 (2008)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle Répondre en citant

 
Voici une fanfic que j'ai écrite en m'inspirant d'une bande dessinée. SVP soyez indulgents et donnez votre avis =) Bonne lecture ! 
 
 
La Route d'Annaëlle 
 
Tome I 
D'écume et de vent 
 
Chapitre 1
 
Entre le marin et l’albatros, il y a comme une très ancienne querelle…
 
L’oiseau rageur fixa le vigile de son œil impassible et se précipita sur lui. Sa taille et sa force déséquilibrèrent le marin qui tomba à l’eau dans un cri. «  Un homme à la mer ! »
Une barque prit la mer avec dix hommes à son bord. «  Souquez ferme Bon Dieu ! »
Au loin dans les flots agités flottait la silhouette du malheureux. Quelques albatros volaient lentement autour du pauvre vigile. Soudain, l’un des oiseaux piqua en sa direction et attaqua sa tête avec son bec. Les autres volatiles firent de même et les passagers de la barques virent une tache liquide assombrir les vagues.
« Finir comme ça quand même… il avait pourtant la tête dure ! »
« Demi tour les enfants ! On ramassera les bouées au passage… »
 
Sur le pont, un jeune marin observait la scène dans une lunette, la bouche ouverte et l’air perplexe.
 
Au balcon de sa cabine, une jeune fille brune plongeait son regard sombre dans l’océan. Des mèches rebelles s’échappaient de son chignon pour onduler dans le vent. Une autre jeune fille l’accompagnait.
« Rentrons, Anna. Nous ne pouvons pas courir le risque d’être aperçut du canot ! »
 
Le soir venu, Raphaël discutait avec l’un des marins, un vieillard que le capitaine avait autoriser à finir ses jours sur son bateau, comme il l’avait souhaité.
« C’est un timonier qui me l’a dit ! Le commandant a réquisitionné la chambre du second pour son usage personnel. »
« Mais qu’est ce qu’il peut bien en foutre ? » pensa tout haut Raphaël.
« Si tu veux un conseil fiston, t’occupe pas trop du vent qui souffle à l’arrière… Ces messieurs n’aiment pas beaucoup le bruit de nos sabots ! »
« On raconte que le pacha a suivit de très près le recrutement de la garnison. Ce qui est certain… Les fusiliers ont le coup de crosse facile ! » ajouta un homme en train de chiquer.
La cloche du pont sonna huit fois.
« Changement de quart ! C’est pas trop tôt ! Allons remplir nos hamacs… »
« Je reste encore un peu… Dit à Bern’ que je prends son tour. » bailla Raphaël.
 
Quand il fut seul, il commença à marcher sans bruit sur le pont. Il s’assura que personne ne le suivait, et sauta du pont.
« Allons-y ! »
Il s’accrocha aux cordages, et escalada la façade du bâtiment.
« C’est de la folie mais je veux en avoir le cœur net. »
Il se faufila jusqu’à une fenêtre de cabine ouverte située à l’arrière du bateau. La cabine était faiblement éclairée par une lampe à pétrole, et Raphaël se pencha pour mieux voir.
« Je ne m’étais donc pas tromper. » pensa-t-il.
 
Annaëlle, en chemise de nuit claire, attachait un corset sur la taille d’Annabelle. Elles avaient toutes deux des cheveux noires et bouclés qui tombaient sur leurs poitrines opulentes. Leur peau lisse brillait dans la lumière, elles étaient presque nues.
 
« Qui va là ?! Montrez-vous ou je tire ! »
Raphaël sortit de la rêverie dans laquelle l’avait plongé la vision qu’il avait eu par le hublot.
« Un matelot, Monsieur ! Ne tirez pas ! Je monte. »
« Presse-toi un peu mon gars ! Je suis impatient d’entendre ce que tu vas raconter à l’officier de quart… »
« Moi aussi mon vieux, pensa Raphaël, quelque chose me dit que je n’ai pas intérêt à raconter ce que j’ai vu. »
 
« Ainsi donc, matelot, vous soutenez que vous poursuiviez un rat ? »
« Vous l’auriez vu ! Un rat comme ça, j’ai eu peur qu’il ne réveille à lui tout seul tout l’état-major ! »
« Allons, il est trop tard pour faire de l’humour, garçon. Nous verrons de quel façon le commandant rira de votre histoire. Sergent ! Mettez-le au fer jusqu’à l’aube, avant que nous décidions de son sort. »
 
Raphaël s’assit dans un coins de la cale, et ferma les yeux. Le soldat qui l’accompagnait ne cessait de siffloter un air militaire.
« Hey, Napoléon, le silence tu connais ?» demanda Raphaël, agacé.
« Chut ! Je croit qu’on a de la visite. »
Le soldat s’éloigna puis revint avec un jeune homme en costume, le visage juvénile et les cheveux noirs comme du charbon.
« Allez donc fumer une pipe sur le gaillard d’avant, mon brave, je doit m’entretenir avec le prisonnier. » dit-il.
Le soldat s’exécuta, laissant le jeune homme seul avec Raphaël.
 
« Le commandant est très ému de vous savoir si préoccupé par son sommeil, prononça le visage aux traits excessivement doux, aussi est-il tout prêt à rendre le votre éternel si vous ne lui fournissiez pas la vraie raison de votre visite à proximité de ses appartements. »
Puis le jeune homme s’accroupit et approcha sa tête à quelques centimètres de celle de Raphaël.
« Que faisiez-vous à l’arrière ? Qu’y avez-vous vu ? Jouons cartes sur table, et je pourrais peut-être vous aider ! »
« Je n’abats pas mon jeu devant un inconnu ! Votre visage me dit bien quelque chose mais… »
Raphaël saisit la chemise de son interlocuteur et la déchira d’un geste.
« J’ai des doutes sur le reste ! » dit-il en découvrant un sein blanc et lisse sous l’étoffe.
De rage, la propriétaire sortit un couteau et lui entailla la joue. Puis elle se releva en souriant et en attachant sa veste jusqu’au col.
« Puisque tu ne sembles rien ignorer de mon anatomie, il eût été mesquin de te présenter mon couteau revêtu de sa gaine ! Ma maîtresse s’inquiétait de savoir si tu avais percé le petit secret de notre présence à bord… Tu viens de me fournir une réponse limpide ! »
« De qui es-tu l’âme damnée, maudite sorcière ? J’avais cru comprendre que c’était le commandant qui t’envoyait à moi… »
« Tu es vraiment trop curieux ! Quel est ton nom matelot ? »
« Raphaël, mais… »
« Écoute-moi bien, matelot. Il y a près de huit cent bonshommes sur ce tas de bois. Beaucoup ne reverront jamais le pays, c’est la loi de la mer. Si parmi les manquants il y a un Raphaël, c’est dans l’ordre des choses… Pour le commandant, le choix est simple : soit tu as commencé à flairer un mystère qui te dépasse et tu dois disparaître discrètement, soit tu n’as rien vu et tu mérites au contraire un châtiment exemplaire. Je pourrais lui cacher certains détails, lui cacher que les volets de notre chambre restent toujours ouverts… Mais… »
« Allez, déballes tes conditions et qu’on n’en parle plus. »
« Voilà une phrase qui me plait ! Parlons sérieusement. Je t’invente une histoire crédible que le commandant croira sans difficulté. Il ne mets jamais en doute ma parole mais s’il décide de se débarrasser de toi sans m’avertir, je te propose de tout faire pour que rien n’attente à ta vie… »
« Et en échange ? »
« En échange… tu me promets ton obéissance aveugle le moment venu. »
« Je n’ai pas vraiment le choix… »
« Fais attention, je ne traite pas mieux ceux qui trahissent ma confiance que les rats ! »
À ces mots, la jeune fille lança son couteau contre un poteau, et transperça le corps d’un gros rat qui y grimpait.

Vogue, petit navire, vogue, sans savoir quelles seront les vagues du lendemain...


À suivre...

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MessagePosté le: Mer 7 Mai - 18:26 (2008)    Sujet du message: Publicité

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Konan lunétoile
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MessagePosté le: Mer 7 Mai - 18:32 (2008)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle Répondre en citant

Super bien écrit, j'adore le genre et la façon de faire le texte, le début est sympa ............................LA suiteeee !!!!!!
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nightmare
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MessagePosté le: Mer 7 Mai - 21:40 (2008)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle Répondre en citant

c'est super j'aime beaucoup ta facon d'écrire a quand la suite.
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La Reine Des Fées
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MessagePosté le: Jeu 8 Mai - 12:19 (2008)    Sujet du message: Chapitre 2 Répondre en citant


Chapitre 2

Le matin suivant, Raphaël se retrouva les poignets et les chevilles liés à une corde pendant au dessus de la mer, pendant que le sergent de bord annonçait sa mise à mort. Raphaël restait confiant, mais cela ne l’empêchait pas de trembler de tous ses membres. Le supplice réclamé par le commandant consistait à plonger le prisonnier dans la mer pieds et poings liés, et de le regarder se noyer jusqu’à ce que mort s’en suive. Si le malheureux résistait trop longtemps, les soldats avaient ordre de le prendre pour cible.
« Il n’ont pas le droit de faire ça ! » cria le vieux loup de mer avec qui Raphaël avait discuté la veille.
« Cette pratique reste en théorie interdite, mais le commandant reste le seul maître à bord, avec le capitaine. » répondit un marin.
Le capitaine souffla dont un sifflet. La poulie du mat déroula la corde qui plongea Raphaël dans l’eau froide. Le courant le plaqua sous la coque du navire.
Pan ! Pan !
Deux coups de feux retentirent.
« Qui a osé tirer sans mon autorisation ?! » s’écria le comandant.
Le cordage qui retenait Raphaël engloutit avait été sectionné.
« Hourra ! » lancèrent les marins, qui crurent à un sauvetage céleste.
On remonta Raphaël par l’autre cordage, le délia, et appela le chirurgien major.
Le commandant, fou de rage, se retira, et se dirigea directement vers les cabines de la poupe.
 

« Félicitations ! Bravo ! Mademoiselle Annaëlle croit sans doute qu’elle ne me crée pas suffisamment d’ennuis ! » hurlait le commandant.
« Gardez votre sang froid, Eliot, je vais remettre les fusils à leur place ne vous alarmez pas. »
« Je devrais vous faire pendre… »
« Prévenez moi à l’avance que je choisisse ma plus belle robe. Ne craignez-vous pas qu’à me voir ainsi suspendue au dessus de leur tête, vos timoniers en oublient de surveiller la barre ? »
« Vous n’êtes qu’une petite dévergondée. »
« Et vous un criminel. J’ai sauvé votre réputation en sauvant ce jeune homme. Je réponds de son silence sur ma vie. »
Le commandant sortit sans un mot.
 

Quelques jours plus tard, Annaëlle se promenait sur le pont du bateau, vêtu de ses habits masculins. Un petit mousse s’approcha d’elle et l’informa que le sergent du navire l’avait convoqué dans la soute. Raphaël avait surprit la discussion et suivit la jeune fille discrètement.
 

« Que me voulez-vous ? » demanda Anna.
Le sergent braqua son pistolet sur elle.
« Vous punir d’avoir fait capoter la superbe noyade que j’avais organiser hier… un vrai spectacle, gâché par votre gaminerie ! Nous sommes sur un bateau et non sur un terrain de jeu ! »
« Posez cette arme ! »
« Non. Je n’aime pas être humilié par ... »
Il ne pu finir sa phrase. Ses yeux sortirent de leur orbite et du sang fut éjecté de son nez. Puis il s’écrasa au sol.
« J’ai peut-être frappé un peu fort non ? » demanda Raphaël.
« Mettons le dans la calle, ça passera pour un accident. »
« Trop tard, on vient ! »
Des pas retentirent.
« Par ici ! pressa Raphaël, ces galeries servent à surveiller et entretenir la muraille du navire. Fait attention à ta tête. »
« Aïe ! Merci… »
Il pénétrèrent dans un corridor fermé, situé entre la paroi interne et la paroi externe du bâtiment. L’endroit était exiguë et ils y étaient serrés.
« Attendons ici que la voie soit libre. Maintenant, nous voilà quittes, beauté ! »
« Que non moussaillon ! Tu m’as promis ton aide quand je te la réclamerai et à ce que je sache, je ne t’ai rien demandé… »
Elle se retourna vers lui et observa son visage.
« Mais c’est que tu serais presque propre toi ! Rasé de près et tout et tout ! »
« C’est que nous sommes samedi et demain… »
Anna mit un doigt sur sa bouche.
« Et si nous pensions à fêter notre pacte ? »
Elle l’embrassa soudainement. Raphaël fut surprit et la repoussa.
« Vous vous jouez de moi, mademoiselle ! Vos habits ne sont pas assortits aux hardes du matelot ! »
« Si mes habits te gênent je peux les ôter ! Nous pouvons bien nous offrir un peu de détente non ? Où as-tu apprit à parler comme ça ? La plupart des marins baragouinent difficilement quelques mots de français… »
« A l’orphelinat il était interdit de parler Breton. »
« Et à l’orphelinat on ne t’as pas appris à te déshabiller tout seul ? » dit-elle en passant ses mains sous la chemise de Raphaël.
« Tu es pire que le Diable ! »
« Ben tiens ! Un beau commandant essaye de t’assassiner, tu te découvres devant lui et l’appelle « Monsieur »… Mais qu’une brave fille te propose d’échanger un peu de tendresse : c’est un suppôt de Satan ! Ah ils ne t’ont pas raté les curés de l’orphelinat ! Tu sais ce qu’ils ont fait de toi ? Un petit mâle qui ne se laissera pas piéger par ces foutu femelles capables de tout, y comprit de donner le goût de vivre à de la chair à canons ! »
Un silence s’installa. Une larme coula sur la joue d’Anna.
« Alors jeune con, je me rhabille ? »
Raphaël la prit brusquement dans ses bras.
« Ne dis pas de bêtises ! »
 

La nuit fut courte.




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MessagePosté le: Jeu 8 Mai - 12:23 (2008)    Sujet du message: Chapitre 3 Répondre en citant


Chapitre 3
 
« Ben mon cochon, y’en a qui s’ennuient pas à bord ! »
Le vieux loup de mer avait levé les yeux sur un cordage, où deux mouettes s’accouplaient dans un froissement d’ailes. Le moine du bateau sortit sur le pont et se dirigea vers le capitaine qui regardait lui aussi l’acte naturel d’un oeil enjoué.
« Ne peut-on chasser ces sales bêtes avant qu’elles ne fassent trop travailler l’imagination des matelots ? » demanda le moine les sourcils froncés.
« Je comprends vos craintes Monsieur l’aumônier. N’êtes vous pas le seul ici à onduler dans une robe ? »
 

« Monsieur le commandant ? Veuillez m’excuser de troubler votre toilette, mais la nouvelle est d’importance… »
Le commandant posa son rasoir et interrogea du regard son lieutenant.
« Un brick de commerce vient de nous signaler une escadre britannique entre Caracas et Porto Rico. »
« Nous ne pouvons pas éviter le combat. Nous avons déjà perdu assez de temps et devons rejoindre l’Amiral d’Esplon au plus vite. »
« Si nous parvenons à forcer la ligne anglaise, nous risquons de gros dégâts matériels. »
« Vous me décevez, lieutenant, vous manquez sérieusement d’ambition. »
« J’ai une expérience des combats, Monsieur, et vous le savez. »
« Restons-en là, voulez-vous ? Informez l’État Major. Nous attendrons la soirée pour distribuer les armes aux matelots. »
 

Le soir venu, le commandant s’invita dans la cabine d’Annaëlle et Annabelle. Les deux jeunes filles étaient nues dans leurs draps, Annaëlle lisait un livre tandis que Annabelle se reposait, la tête posée sur son ventre.
« Les vrais gentilshommes n’entrent pas sans frapper dans une chambre de dames, Eliot ! »
« Je me comporterais en vrai gentilhomme si j’étais en présence de vraies dames. Mais venons en aux faits : Les anglais sont dans les parages.Vous comprendrez que je ne puisse plus désormais vous autoriser à quitter votre chambre. Je vais, belle Annaëlle, faire grimper votre jeune protégé en vigie dans les barres du grand mât et pour vous éviter toute tentation de le rejoindre, je vous demande de me confier vos habits masculins. »
 

Enfin seules, Annaëlle et Annabelle se couchèrent. Quelques heures plus tard, Annaëlle se leva d’un bond et alla se mettre à la fenêtre.
« Viens donc te coucher, Anna. Tu ne vas pas rester éveillée toute la nuit parce que nous sommes consignées quelques jours… »
« Plus jamais prisonnière entre quatre murs, Annabelle, plus jamais ! »
« Et qu’attends-tu pauvre gourde ! L’arrivée du prince charmant ? »
« J’attends… la pluie. »
 

« Allons bon, voilà qu’il flotte ! » pensa Raphaël en s’accroupissant sur la plus large poutre. Il aperçut alors en contrebas une silhouette jaune qui montait vers lui, escaladant le cordage humide et glissant.
« C’est déjà la relève ? » cria-t-il.
Arrivée à sa hauteur, la silhouette releva la tête.
« Tu veux rire, matelot ! lança Annaëlle. J’ai manqué dix fois de me rompre le coup pour parvenir jusqu’à toi, ce n’est pas pour le plaisir de te voir redescendre ! »
Elle vint s’asseoir près de lui, adossée à un filet, les jambes pendant dans le vide.
« Tu as des précisions pour demain ? » demanda Raphaël.
« Personne ne sait rien de la bataille qui se prépare. On ignore même le nombre de navires ennemis. Que t’as-t-on donné comme arme ? »
« Une hache d’abordage. »
« La belle affaire ! Il faut que tu me procure un fusil boucanier. »
« Un fu… Tu es folle ! On ne confit ces armes qu’aux meilleurs tireurs et je sais à peine me servir d’un pistolet ! »
« Débrouilles-toi ! Il nous en faudra un pour notre petite évasion… »
« Notre quoi ??!! »
« Aurais-tu oublié notre pacte ? J’ai besoin de toi pour emprunter une embarcation. Avant Saint-Domingue, si nous n’y laissons pas notre peau, nous aurons tous les deux déserté la marine royale ! »
« Charmant programme ! Mais quel est le rôle du fusil ? »
« Avec ce type d’arme je suis certaine de pouvoir faire sauter la cervelle du commandant s’il décidait de nous faire canonner. Bien sûr, nous essayerons de nous enfuir de nuit sans nous faire remarquer, mais il faut tout prévoir, il nous reste peu de temps. »
Raphaël souffla de découragement. Il se leva et s’avança sur le bout de la poutre. Il observa un moment la pluie tomber dans les flots noirs, puis leva la tête vers le ciel encore plus sombre.
« Raphaël… »
« Quoi encore ? Il faut que je te procure une pièce de 38 ? »
« Fais pas le con ! Ca ne t’intéresse pas de savoir ce que je fiche sur ce tas de bois ? »
Raphaël la fixa de son œil bleu clair, les sourcils relevés.
« On est curieux ou pas, hein ? Allez, viens donc te rasseoir près de moi, ça m’évitera d’avoir à hurler. Et puis… Je crois… J’ai un peu le vertige… »
Raphaël se retourna et la prit par les épaules.
« Ouhlà ! Ne vas pas te casser la figure, hein ? C’est qu’il y a plus de cent pieds d’ici le pont ! »
« Je crois que ça ira mieux si je parviens à libérer ma tête d’une partie des souvenirs qui s’y entrechoquent… » murmura-t-elle.
« C’est ça, c’est ça… Tu vas me raconter ton histoire. Ca te fera du bien et moi, ça m’empêchera de penser à la boucherie qui se prépare pour demain. »
« C’est vraiment aussi terrible que ça un combat naval ? »
« C’est pire… »

A suivre... 



PS : il faudra attendre un peu j'ai pas fini de taper la suite et j'ai pas mal de taf en ce moment =) bon ok c'est pas vrai... mais ça prend du temps ^^ 
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MessagePosté le: Jeu 8 Mai - 12:32 (2008)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle Répondre en citant

Terrible pour changé ^^ super histoire 
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MessagePosté le: Jeu 8 Mai - 15:49 (2008)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle Répondre en citant

Konan lunétoile a écrit:
Terrible pour changé ^^ super histoire 



je suis completement d'accord
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MessagePosté le: Sam 10 Mai - 08:54 (2008)    Sujet du message: Chapitre 4 Répondre en citant

Chapitre 4
 
Le vent assourdissait les marins de sa plainte tourmentée. Les gouttes, grosses comme des perles de mer, s’écrasaient contre le bois du vaisseaux dans un écho glacé. Blottis l’un contre l’autre, Raphaël et Annaëlle luttaient contre le froid.
« Alors, parle moi de toi… Il était une fois une petite fille… »
« Non pas, hélas… Il était une fois Deux petites filles… Deux petites filles qui se ressemblaient comme deux sœurs. La plus jeune se nommait Annabelle. Son père, Antoine de Grand-Clément, n’avait pas cru bon de s’embarrasser d’elle à la cour où il se consolait de son veuvage en compagnie de son fils aîné, Eliot de Grand-Clément. »
« Mais c’est notre commandant ! »
« Chut ! ne m’interrompt pas ! rétorqua Annaëlle. Annabelle fut confiées aux bons soins de la gouvernante chargée de gérer le domaine familial. Elle aurais sans doute beaucoup plus souffert d’être ainsi éloigné de son père si, juste avant de mourir, Madame de Grand-Clément n’avait fait promettre à ce dernier de recueillir et faire élever avec sa fille une enfant de petite noblesse devenue orpheline dans des conditions que j’ai toujours ignorées… Cette enfant qui, je te le rappelle, ressemblait à Annabelle d’une façon troublante, se nommait Annaëlle d’Arcamay. »
« Ca, c’est toi ? »
« Te tairas-tu enfin ?! Tu ne vas plus rien comprendre ! Je reprends… Annabelle et Annaëlle devinrent inséparables… Elles abusaient de leur ressemblance pour mystifier la gouvernante. A la mort de celle-ci, Antoine avertit qu’il passerait prendre les fillettes pour s’occuper lui même de leur éducation… Et puis un jour…
 

« Tu crois qu’il va me reconnaître ? » demanda Annabelle à sa jeune amie.
« Tu rêves, ma pauvre Annabelle ! Il ne nous as pas vu depuis six ans ! Si nos vêtement n’étaient pas brodés à nos initiales, il serait incapable de nous distinguer l’une de l’autre… Changeons nos toilettes et tu verras ! »
« Chiche ! » affirma Annabelle.
Les deux petites se déshabillèrent dans le champs qui environnait le domaine, et échangèrent de robes.
Mais le soir venu, lorsque Antoine de Grand-Clément vint chercher les fillettes, le destin d’Annabelle bascula…
« Mademoiselle Annabelle, montez dans ma voiture. Nous partons sur le champs ! »
Annabelle s’approcha de la calèche, mais le vieillard la repoussa.
« Non, pas vous Mademoiselle d’Arcamay. J’ai à m’entretenir avec ma fille… Vous voyagerez dans la seconde voiture. »
« Mais je… »
« Silence, jeune effrontée ! coupa Monsieur de Grand-Clément. Vous apprendrez à parler lorsqu’on vous interroge. »
Dans la seconde voiture, Annabelle maudissait son père en pensée.
« Il ne m’a pas reconnu ! Cet homme là est mon père et il ne m’a pas reconnue ! J’ai bien peur qu’il ne goûte guère notre plaisanterie ! Annaëlle ne va pas trouver le courage de lui révéler la vérité et je vais une fois de plus me retrouver seule pour affronter ce dragon ! »
Malgré ses inquiétudes, Annabelle trouva quand même le sommeil. Le réveil fut absolument terrifiant. Ce jour là, Annabelle quitta le monde des rêve pour plonger dans celui des cauchemars. Une vieille femme, au visage creusé comme une morte et aux membres charnus, et qui portait une robe noir et une coiffe blanche encadrant sa figure cauchemardesque, posa sa main sur les genoux d’Annabelle.
« Levez-vous, ma fille, vous êtes arrivée. »
Autour d’elle, d’autre femmes fantômes et recouvertes de tissus sombre marchaient dans des allées toutes droites au milieu d’un cloître gris.
« Mon père… Où est mon père ! » cria Annabelle.
« Celui que, par gratitude, vous associez dans le langage à l’auteur de vos jours, a voulu vous épargner des adieux déchirants. Il a regagné Paris avec sa fille après nous avoir confié votre éducation. Votre pension est payées jusqu’à l’age de votre majorité : vos 25 ans. »
 

Et j’ai hurlé ! Hurlé et hurlé encore ! Si fort et si longtemps que les murs ont dû en garder la mémoire ! Il ne fallut pas moins de quatre jours avant que je ne recouvre entièrement la raison. Impressionnée par mon attitude, la mère supérieure écrivit à mon père.
 

« J’ai, sur votre insistance, demandé à Monsieur de Grand-Clément de bien vouloir m’éclairer sur votre véritable identité. Je viens de recevoir une longue lettre et je tiens à vous donner lecture du passage qui vous concerne :
   }La petite Annaëlle déjà fort ébranlée par la disparition de notre chère gouvernante refuse vraisemblablement d’être séparée de sa tendre Annabelle. Celle-ci m’affirme par ailleurs que son amie souffrait depuis longtemps de troubles de la personnalité. Je vous prit donc, ma mère, de la traiter avec indulgence, persuadé que vous saurez mieux que quiconque mater comme il se doit ce petit tempérament rebelle…~ »
Ce dernier coup aurait pu me tuer. Il me donna au contraire une raison de survivre : Annabelle. Ce nom, qui fut pourtant le mien, me devint dés lors insupportable. Cette Annabelle là, un jour, je la tuerai !
La vie au couvent me dégoûtait. Les corvées, les punitions, les prières, tout cela me rendait malade. Cinq ans dans ce tombeau ! Cinq longues années à cultiver la haine, le mensonge et l’hypocrisie. Cinq années à attendre l’heure où je pourrais faire payer à ‘Annabelle’ le prix de mon enfance trahie. Cinq ans de calvaire au bout desquelles la petite sotte, rongée par le remord, commit sa première erreur. Elle obtint le consentement d’Antoine pour me faire revenir.
« Je n’ai pu résister au plaisir de venir te chercher moi-même. » déclara-t-elle en entrant dans le couvent. Puis elle demanda en baissant la voix :
« Peut-on parler sans témoins ? »
« A cette heure-ci le cloître est vide. » répondit la fausse Annaëlle.
« Ta liberté est au prix de ton silence ! Tu vas me promettre de ne jamais chercher à reprendre ton nom. Comprends bien ceci : nous ne nous ressemblons plus assez pour pouvoir échanger discrètement nos rôles. Pour tous, je suis Annabelle de Grand-Clément et, même si tu parvenais à le convaincre, Antoine préfèrerait te cloîtrer à vie plutôt que de laisser éclater un scandale qui ne manquerait pas d’entacher ‘notre’ nom. J’essayerai de te rendre heureuse ! Je te ferais tout oublier ! Je suis sûre que tu me pardonneras Annab… Annaëlle. Si ça ne te dérange pas je préfère t’appeler Annaëlle. »
« Ne te gène surtout pas ! Je suis habituée à changer de nom ! Ah ma chère Annabelle ! je n’aurais pas pu vivre sans l’espoir de te revoir un jour, tu sais ? »
Annabelle et Annaëlle montèrent dans la voiture qui les ramenait à Paris.
« Tu n’as pas perdu ton temps, au moins ? Chez les sœurs tu as dû apprendre des tas de choses ! Raconte-moi… »
« Je peux te raconter comment la manipulation du chapelet rend les doigts délicieusement habiles, et comment la psalmodie délie merveilleusement la langue ! » s’enthousiasma la nouvelle Annaëlle.
« Je… je ne suis pas sûre de bien comprendre… »
« Alors laisse moi te montrer ! » dit-elle en passant sa main sous la robe d’Annabelle.
« Mmh… Tire au moins les rideaux… »
Pour éloigner la menace d’un nouvel internement, je devais me rendre indispensable à Annabelle. J’ai tout de suite trouvé comment la placer sous mon pouvoir…
 

Pour les quatorze ans d’Annabelle, Antoine fit donner un grand bal. Eliot, qui venait d’être nommé commandant de vaisseau, tint à être présent.
« Belle Annaëlle, comment mon père a-t-il pu vous tenir aussi longtemps éloignée de nous ? Votre présence illumine cette demeure plus chaleureusement que ne le ferait le soleil des Caraïbes ! »
« N’ayant jamais vu la mer, je ne connais pas le soleil dont vous parlez, mais je vous accorde que les habitants de cette maison auraient parfois eu besoin d’être un peu plus éclairés… » je ne pus m’empêcher de répliquer.
« Il y a dans vos propos une mélancolie que ne sait effacer votre sourire. Si vous avez quelque chagrin ou si quelqu’un vous fait du mal, confiez vous à moi… Je vous ai toujours considéré presque comme une sœur… »
« Votre dernière phrase me trouble plus que vous ne pouvez penser. Mais êtes vous capable de garder un secret ? »
« Est-ce là une question que l’on pose à un officier ? Venez dans ma chambre après le bal et je vous écouterai… »
Plus tard dans la soirée, je frappai à la porte d’Eliot. J’entrai et constatai que nous n’étions pas seuls. Quelques hommes soûls assis par terre ou sur le lit m’observaient d’un air béat.
« Ne devions nous pas être seuls ? » demandai-je
« Ces quelques amis embarquent avec moi dans deux jours et ils ne voulaient pas partir sans avoir fait votre connaissance… » répondit le commandant dans un sourire immonde.
« Laissez-moi sortir ! »
« Je voudrais bien, mais l’un d’entre nous vient d’égarer la clé dans les plis de ses vêtements… Aidez nous donc à le retrouver ! »
« Infect salaud ! »
 

Je te passerai les détails… Cette nuit fut la plus terrible de toutes, et chaque souvenir me donne envie de vomir. »
Annaëlle s’approcha du bord de la poutre et se pencha vers le vide en ouvrant la bouche. Raphaël se précipita pour l’empêcher de tomber et la prit dans ses bras.
« J’avais treize ans… » sanglotât-elle.
Ils restèrent enlacés quelques minutes, puis allèrent se rasseoir près du grand mât. Annaëlle sécha ses larmes et reprit son récit.
 

« Je gardait en tête de faire payer son crime à cet ignoble personnage qu’est notre commandant de bord. Mais je ne devais pas le revoir avant les événements qui nous menèrent sur ce vaisseaux… Les années passèrent, Annaëlle et Annabelle ne se quittaient jamais, et je continuais à tenir Annabelle sous mon emprise par mes caresses régulières qui plaisaient fortement à la jeune fille. Mais je ne manquait jamais une occasion de faire allusion à ma vengeance sur elle, évoquant cruellement des moyens de lui faire du mal. Notre relation restait à ce point ambiguë…
 

« Je n’en peux plus, tu deviens trop méchante ! » me dit-elle un jour.
« Peut-être que c’est ton nom qui déteint sur mon âme… »
« Tais-toi ! Je ne t’aime plus. Je crois que je vais accepter le mariage que père me propose avec Ferdinand de Beaumont. Je changerai de dame de compagnie et toi, tu retourneras au couvent. »
« C’est ça ! Va offrir ta jeunesse à ce vieux bigot ! Il ne te traumatisera pas, lui ! Il t’enfermera dans son vieux château où tu auras tout le loisir de regretter les caresses de ta fidèle amie ! »
« Je ne peux pas vivre sans toi ! Tu le sais et tu en abuses, mais le problème reste posé. Antoine veut ce mariage et je ne voix pas très bien comment l’empêcher… »
« Moi si ! »
Je me jetai sur elle et la poussai toute habillée dans une rivière près de nous. Nous tombâmes ensemble dans l’eau froide, et je parvins à me hisser au dessus d’elle et à prendre appuie sur sa tête. Elle cria, puis replongea sous la force de mes bras. Je relâchai ma victime plusieurs secondes plus tard et m’éloignai un peu. Elle remonta d’un coup et reprit une grande inspiration : elle avait frôlé la noyade.
« Qu’est ce que tu attends ? Je n’ai plus la force de lutter, haleta-t-elle, Comment as-tu pu Anna ? Comment as-tu pu me faire croire que tu m’avais pardonnée ? »
Elle se tu et je m’approchai d’elle.
« Je… reprit-elle, Oh par pitié, fais vite ! »
« Allez, viens… »
 

Le soir suivant, nous réfléchîmes sur une manière de fuir la ville afin d’éviter un mariage qui aurait pu nous séparer.
« Eliot appareil dans trois jours, déclarai-je, c’est plus qu’il ne nous faut pour nous rendre à Brest et embarqué avec lui. Il aura le choix entre nous prendre à bord ou comparaître devant la justice royale pour répondre des violences qu’il m’a fait subir. »
« Il ne te le pardonnera pas… En mer, il aura les pleins pouvoirs et te fera assassiner. »
« Il n’aura pas ce plaisir. »
 

C’est d’ailleurs pour qu’il n’ai pas ce plaisir que tu dois m’aider, Raphaël. »
« Mais pourquoi me fais-tu confiance, à moi ? » demanda le jeune breton.
« Ne vas pas croire ça ! Nous avons notre pacte et je prétends te le faire accepter, c’est tout ! »
Raphaël l’attrapa rapidement par le col et plaça son couteau sous sa gorge. 
« Avec ça ? » demanda-t-il avec un sourire cynique.
« Mon couteau ! »
« On ne se méfie jamais assez, pas vrai ? dit-il en la poussant sur le bord de la poutrelle. Elle du s’asseoir pour conserver son équilibre et il mit son pied sur sa poitrine de façon à pouvoir la précipiter dans le vide à tout moment.
« Alors comme ça tu ne me fais pas confiance ? Fallait garder tes distance alors ! Comment vas-tu t’y prendre pour me faire obéir maintenant, hein ? Réponds vite, mon pieds me démange ! »
Annaëlle se cramponna au pied en plantant ses ongle dedans. 
« Va te faire foutre ! »
De douleur, Raphaël ne pu retenir un cri :
« Bourrique ! »
 

Quelques minutes plus tard, ils étaient assis tous deux d’un côté du mât, les bras croisés sans échanger une parole. Puis Raphaël grogna :
« Il va bientôt faire jour alors barre toi. »
Annaëlle commença à descendre de filet de cordage.
« Le boucanier, n’oublie pas de le charger ! »
« T’es encore là ? Barre toi j’ai dit ! »
Annaëlle esquissa un sourire amusé avant de descendre du mât. 


A suivre...

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MessagePosté le: Sam 10 Mai - 13:15 (2008)    Sujet du message: Chapitre 5 Répondre en citant

Chapitre 5
 

« Oh mon Dieu ! »
Raphaël venait de s’éveiller et avait levé les yeux vers l’horizon. Il avait ainsi pu voir la flotte ennemie se dessiner sur le ciel encore sombre, éclairé par la seule et triste lueur du petit matin, donnant aux trois vaisseaux anglais une allure spectral.
 

Le commandant observait dans sa lunette l’avancée des bâtiments britanniques.
« À babord, deux frégates, une corvette et des récifs… A tribord, des récifs, trois vaisseaux dont un à triple rangée de dents ! Au centre, des hauts fond et un chenal sans défense mais pas assez profond pour nous permettre le passage. J’aimerais bien savoir comment l’on va se tirer d’un tel guêpier ! »
« C’est risqué, renchérit le lieutenant, mais il n’y a qu’une solution : le chenal. Fermons les sabords sous le vent et profitons du grain qui se prépare pour envoyer toute la toile. Nous devrions passer sans nous échouer… »
« Ils pensent que nous allons fuir ! L’accès du chenal est libre, c’est le moment ! »
 

« Si avec toute cette voile on ne finit pas par se coucher, je veux bien ne plus boire ! » se dit Raphaël.
Les marins s’activaient. Les frégates et la corvette ennemies suivirent le bateau français mais les trois vaisseaux se contentèrent de pivoter parallèlement au navire afin de le bombarder. Le commandant ordonna au capitaine de concentrer les tirs sur le trois-ponts. Feu ! Les canons crachèrent leurs boulet dans un bruit assourdissant et un épais nuage de fumée qui ettoufait les marins les plus fragiles. Des soldats en uniforme se protégeaient inutilement derrière les rambardes du pont mais quelques cadavres à la chaire déchiquetée par les éclats de boulets jonchaient déjà le planché. La frégate anglaise se plaça sous le vent pour attaquer le navire, mais ce dernier était trop incliné pour virer à babord.
« La bordée de 18 suffira pour donner une leçon à ces prétentieux ! » affirma le commandant en s’épongeant le front.
« Permettez Monsieur, répliqua le lieutenant, sur ce bord notre pont va être balayé par leur mitraille ! Nous pourrions tenter de serrer le chenal à babord pour leur interdire le passage. Ils n’oseront rien et… »
« Non, non et non ! coupa le commandant, ne multiplions pas les risques de nous échouer ! Ces messieurs veulent se battre, finissons-en au plus vite ! Exécution ! »
 

Sur le pont, l’ambiance était tendue. Les hommes tremblaient et le silence s’était installé. Aucun des deux camps ne bougeait. Les meilleurs tireurs étaient postés juste derrière la rampe et tenaient leur arme prête. Soudain, sous la pression, l’un deux ne pu s’empêcher de tirer. Une réponse ne tarda pas à abattre un homme juste à côté de Raphaël qui s’empara immédiatement de son fusil.
« Feu ! »
« Fire ! »
Des deux côtés l’on se mit à tirer sans merci, des balles et des boulets. La scène avait tout d’un combat violent et sanglant. Des hommes mouraient écrasés par des poutres, assommés par des poulies qui se détachaient sous les coups de feu. En regardant autour de lui, Raphaël pu voir un homme qui portait sa main à l’emplacement où il avait eu jadis une mâchoire, les yeux effarés, ou un jeune matelot se tordant de douleur sur le sol, le pied entaillé par le projectile d’un tromblon, ou encore un marin évanouie auquel il manquait une jambe et une partie des côtes, laissant apercevoir un moignon visqueux sous son pantalon déchiré. Puis enfin…
« Ils ont démâté ces fils de putes ! Regardez ça les enfants ! »
 En effet, la frégate immobile était à présent silencieuse, et son équipage ne donnait plus signe de vie.
« Et bien mon cher, dit le commandant en s’adressant à son lieutenant, n’avais-je pas raison ? Il ne nous auras pas fallut bien longtemps pour nous débarrasser de cette fichu corvette et de son équipage ! »
« Nous pouvions obtenir le même résultat avec trois fois moins de blessés, Monsieur. N’oubliez pas que nous avons encore deux frégates à affronter ! »
« Je suis désolé de vous contredire une nouvelle fois, mais il n’y a plus qu’une seule frégate dans notre sillage. La seconde vient de s’échouer en essayant de passer sous notre vent. Faites placer des pièces à la poupe ! Si, comme je le pense, cette frégate n’engage pas de combat avant la sortie du chenal, elle est à nous ! »
 

Pendant ce temps, dans la cabine de poupe, Annaëlle avait forcé la porte du commandant et s’était à nouveau emparé de ses vêtement masculins.
« Folle ! Tu es complètement folle ! s’affolait Annabelle. Je n’ose pas imaginer la réaction d’Eliot quand il découvrira que tu as forcé sa porte pour… »
« Je n’en ai plus pour longtemps à supporter les colères de cet imbécile ! » coupa Annaëlle.
« Que veux-tu dire ? »
« Je vais partir, Annabelle. Je m’envole ! Je t’abandonne mon nom, ma fortune, et ma chère famille. Je renonce même à me venger de toi ! Tu ne pouvais pas rêver mieux, non ? »
« Sale petite garce ! Tu renonces à te venger mais tu n’hésite pas à m’abandonner en pleine bataille navale, alors que je suis morte de trouille et que, plus que jamais, ta présence m’est indispensable ! » gémit Annabelle.
« Ne soit pas ridicule ! Je n’ai aucun pouvoir contre les boulets… »
« Tu ne peux pas me quitter comme ça ! Je ne te laisserai pas passer ! Et si tu sors quand même je te suivrai comme ton ombre sur tout le navire ! »
Annaëlle s’approcha et attrapa d’une main le décolleté de la chemise de nuit légère d’Annabelle.
« Sur tout le navire dans cette tenue ! Eh ben… » ricana Annaëlle.
“Ne t’en va pas Anna !”
« Adieu Annabelle ! »
Retenant se chemise d’une main, Annabelle resta bouche bée au milieu de la pièce. Des larmes coulèrent sur ses joues qu’elle essuya brusquement du revers de son autre main.
« Ca ne se passera pas comme ça ! pensa-t-elle. Vas-y Annaëlle, tu seras bien obligée de traverser la timonerie, et là… »
Annabelle ouvrit un tiroir et saisit un revolver.
« Je t’attendrai ! »
 

En passant dans l’antichambre de l’Etat Major, Annaëlle balaya le planché du regard et aperçut une flaque de sang qui s’étendait jusqu’à un recoin sombre. Elle s’en approcha et distingua une silhouette tapie dans  l’ombre.
« Mais… Qu’est ce que tu fais ici toi ? »
La silhouette était celle d’un enfant d’à peu près douze ans, un jeune mousse dont le bras ensanglanté pendait le long de son corps, recouvert d’un morceau de linge rouge et déchiré. L’enfant brandissait un couteau d’une main tremblante et s’adressa brutalement à Annaëlle :
« Laissez moi tranquille ! Ne m’approchez pas ! Je ne veux pas retourner dehors… N’approchez pas je dis ! »
Annaëlle s’empara du couteau et le posa à l’écart. Puis elle s’accroupit près du jeune mousse et lui mit la main sur le front.
« Dis donc ils ne t’ont pas fait de cadeau les angliches… Montre moi ton bras de plus près. »
Elle souleva délicatement le linge imbibé de sang et fit une grimace. Le garçon se mordit les lèvres et balança sa tête en arrière. Il transpirait beaucoup.
« Tu ne peux pas rester comme ça ! déclara-t-elle. On va essayer d’empaqueter tout ça dans ta chemise et je vais te conduire au théâtre. Tu y seras bien plus à l’abri et on t’y soignera. »
 

« Mais qu’est ce qu’elle peut bien foutre ! » se demanda Annabelle, postée derrière la fenêtre d’une porte qui donnait sur la timonerie. Puis elle entendit des pas et des gémissements.
« S’y m’coupe le bras, je s’rais plus marin, hein ? »
« Ni Marin, ni soldat… »
« La voilà ! » pensa Annabelle.
« Hep vous ! cria un marin en direction d’Annaëlle et du jeune blessé, Vous voulez vous retrouver cul par dessus tête ? Nous allons virer de bord pour attaquer cette foutu frégate alors accrochez vous ! »
Le bateau changea de bord et Annabelle se cogna la tête contre la porte, projetée par la force d’inertie.
« Saloperie ! » jura-t-elle.
Elle regarda à nouveau par la fenêtre, mais Annaëlle avait disparut.
« Pff… elle doit être loin maintenant ! Je n’ai plus aucune chance de la toucher à cette distance… Bah, c’est peut-être mieux comme ça… »
 

L’assaut avait été bref et conséquent. La frégate, privée de mât, avait été s’échouer sur les récifs les plus proches et coulait à présent lentement, offrant aux albatros quelques cadavres encore frais. 
« Et de trois ! » s’exclama le commandant.
« Hum… Mon commandant… »
« Qu’y a-t-il lieutenant ? »
« Un canon a rompu sa brague, monsieur. Les matelots ne parviennent pas à l’immobiliser. Il faudrait ralentir la manœuvre pour qu’ils puissent y arriver. »
« Nous devons quitter cette zone au plus vite ! Toute action pouvant ralentir la marche est à exclure impérativement. »
 

En effet, sur le pont, le canon filait d’un bord à l’autre à toute vitesse, manquant à chaque passage de faucher un homme. Annaëlle et son jeune blessé se déplaçaient tant bien que mal dans cet agitation. Toujours derrière la porte, Annabelle observait la scène.
« Mais qu’est ce qu’elle fiche ! Elle ne va quand même pas rester plantée là ! se dit-elle. Mais si ! Elle n’a même pas dû voir ces imbéciles qui font la corrida avec leur canon ! »
Soudain, Annaëlle sentit le poids du jeune garçon peser sur son bras.
« Hé oh ! Encore un effort petit ! Tu es trop lourd pour que je te… »
La tête du mousse se renversa en arrière et ses yeux se révulsèrent tandis qu’il ouvrait la bouche en bavant.
« Oh merde ! » s’écria Annaëlle.
Elle l’étendit par terre au milieu du pont et le secoua.
« Mais elle est dingue ! se dit Annabelle en écarquillant les yeux. Au prochain coup de roulis, elle y passe ! »
Puis Annabelle vit le canon sur la gauche d’Annaëlle, qui arrivait sur elle à une vitesse immense. Sans réfléchir, elle ouvrit la porte et se précipita sur le pont.
« Anna ! Le canon ! Attention ! Ann… »


A suivre... 

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MessagePosté le: Sam 10 Mai - 14:50 (2008)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle Répondre en citant

C'est super ma Clara et en plus c'est de plus en plus génial au fur et à mesure que ça avance ^^
Dommage que ça se passe si vite entre Annaëlle et Raphaël...

Bisoux <3
 

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"Depuis que t’es partie je mange ce que je veux chez moi
Aujourd’hui c’est pizza hier c’était pizza
J’arrose tout les jours tes cactus tu leur manque à eux aussi
Vu les tètes qu’ils me tirent aujourd’hui..."


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:31 (2018)    Sujet du message: La Route d'Annaëlle

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